La révolution du MOOC est en marche !

Les universités américaines ne jurent plus que par ça, les grandes écoles (ESSEC, Central Paris, HEC, EM Lyon, Polytechnique…) et plusieurs établissements français de l’enseignement supérieur, tel que le CNAM, leur ont emboîté le pas fin 2013. C’est la plateforme FUN (France Université Numérique) qui propose l’offre la plus exhaustive aujourd’hui, puisqu’elle héberge la quasi totalité des MOOC proposés par les établissements français.  Notons également que les entreprises ne sont pas en reste et qu’elle se sont saisies du phénomène en début d’année.

Qu’entend-on par MOOC ?

Les « Massive Open Online Courses » sont des cours en ligne, le plus souvent gratuit, à destination d’une multitude de participants, dispersés géographiquement.

Les MOOC trouvent peu à peu leur place et leur public, et révolutionnent le monde de l’éducation en proposant une version revisitée du e-learning, plus moderne, plus accessible et plus proche de l’image que nous nous faisons d’une formation en ligne ou d’un cours interactif.

De la mise en ligne de simples vidéos au partage de cours complets, les MOOC tendent à devenir protéiformes, en combinant des ressources de cours, des activités facilitant la mémorisation et l’apprentissage, des exercices structurés, jusqu’à la scénarisation des formations et la fourniture d’un espace d’interaction entre les participants.

Les formations disponibles aujourd’hui sont généralement gratuites et sans conditions de diplôme, mais il n’est pas rare que des connaissances préalables soient requises et que la délivrance d’un certificat soit presque systématiquement payante.

Des objectifs simples, mais ambitieux

 Les enjeux et les objectifs poursuivis par les acteurs du monde de l’éducation et de la formation qui développent  leurs plateformes de  MOOC sont simples :

  • Gagner en notoriété et acquérir une visibilité nationale, voir internationale. Les MOOC sont en effet, une méthode relativement bon marché pour atteindre des résultats très correctes en termes de communication. Les établissements américains l’ont bien compris et partent à l’assaut du vaste marché asiatique…

  • Démocratiser l’accès à certaines formations dans le but de transmettre des connaissances mais également d’en créer, en appliquant le principe d’intelligence collective et de la co-création de savoir, grâce aux dizaines de milliers de participants réunis et motivés pour plancher sur un sujet précis.

  • Attirer de nouveaux élèves qui, sans le MOOC, n’auraient jamais franchi la porte de l’établissement.

Un modèle économique naissant

Malgré son succès croissant,  le MOOC  est encore à la recherche de son modèle économique…  En effet, monter un MOOC représente naturellement un certain coût. Mais plusieurs pistes ont été testées en vue de leur monétisation :

  • Faire payer la certification authentifiée. Mais celle-ci n’intéresse aujourd’hui qu’une faible proportion des participants, qui viennent avant tout pour monter en compétence.

  • Développer des services additionnels payants, tels que le tutorat, la vente de licences ou l’accès à certaines ressources pédagogiques. Le tutorat en groupe ou en individuel (sous forme de forums privés par exemple) se développe notamment dans les disciplines à forte technicité. D’autre part, un MOOC peut vendre sa licence d’utilisation si il est intégré au sein du parcours de formation des étudiants.

  • Certains cours sont tout simplement totalement payants ou le deviennent quand ils sont diffusés en différé ou à la demande, principe qui n’est pas sans rappeler le modèle du e-learning. Dans la même logique, certains travaux pratiques, en soutien de cours magistraux, peuvent faire  l’objet de cours supplémentaires payants.

  • Enfin, selon les bons principes du web-marketing, rendre l’accès aux bases de données des étudiants payant constitue aussi l’une des pistes privilégiées par Coursera et par Udacity – deux grosses plateformes américaine – pour monétiser leur activité.

Pour les acteurs du MOOC, l’important reste d’adapter le modèle économique aux types de formations proposées, quitte à en expérimenter plusieurs ou croiser les modèles. Les choses évoluent rapidement et il est probable que de nouveaux modèles voient le jour prochainement…

L’intérêt du MOOC pour les entreprises

Comme on a pu l’observer ces derniers mois, le virus du MOOC gagne également progressivement les entreprises, qui peuvent tirer parti de ce phénomène de différentes façons.

  • Un outil de formation

    Le MOOC Corporate est un formidable atout pour la formation continue dans les entreprises, en particulier pour celles implantées sur plusieurs sites, ou dans différents pays et régions du monde… Il est l’outil idéal permettant de former et d’informer les salariés de manière homogène et à faible coût. Certains parlent d’ores et déjà d’arme de formation massive !

  • Un recruteur de talents

    C’est aussi un moyen pour les DRH de repérer les esprits brillants en accédant aux bases de données, naturellement payantes, de certaines plateformes de MOOC telles que Coursera et Udacity. Le MOOC est donc particulièrement intéressant pour les entreprises high tech engagées dans la guerre des talents.

  • Un terrain d’expression pour la marque

    Tout comme elles communiquent sur leur marque employeur via les réseaux sociaux professionnels, les entreprises profitent des espaces de visibilité autour du savoir en ligne que constituent les MOOC, pour parler de leurs valeurs, leurs opportunités ou leurs cultures d’entreprise, via des vidéos métiers par exemple. Le MOOC devient alors un canal de communication comme un autre…

    Certains grands groupes, à l’instar d’Orange avec Solerni, sa plateforme de MOOC innovante et évolutive, ont parié sur l’explosion du phénomène et proposent aujourd’hui d’héberger tout type de MOOC, tels que des formations sur les opportunités professionnelles du numérique, proposées par Pôle Emploi.

Bref, l’imagination en la matière est sans limite, et il est sûr que de nouveaux usages vont apparaitre rapidement dans les entreprises.

Cours massifs ou arme de destruction massive ?

Naturellement des voix s’élèvent contre les MOOC et certains pensent qu’ils vont vider les campus universitaires… Mais les MOOC ont encore du chemin à parcourir avant de se substituer totalement aux cours universitaires. Coûteux à produire, ils n’ont pas encore, malgré les pistes évoquées plus haut, de modèle économique abouti et doivent avancer sur ce point pour perdurer. D’autre part, la formation à distance ne s’adresse pas à tout type d’apprenant puisqu’elle exige autonomie et auto-discipline. Enfin, Les MOOC ne sauraient remplacer la vie universitaire et la richesse de  l’expérience d’un passage de quelques années sur un campus, lieu d’apprentissage de la vie adulte et de sociabilité.

Alors quel avenir pour le MOOC ?

Il a vocation à évoluer et se pérennisera dans son usage si le distinguo entre apprentissage des bases grâce aux cours magistraux et mise en pratique indispensable des connaissances acquises via les TP sur place est bien marqué. Il est donc fort à parier que l’on va se diriger vers un modèle mixte avec des accès gratuits et des prestations payantes, chez soi et sur le lieu d’enseignement…